TrilateralArchitecte à Levallois-Perret
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Surélever un immeuble ou une maison à Levallois-Perret

À Levallois, presque tout le bâti est en immeubles. Surélever, c'est le plus souvent ajouter un niveau à un immeuble de copropriété : la hauteur plafond, le gabarit sur rue et le statut patrimonial décident de la faisabilité.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Rangée de maisons basses à deux étages et combles mansardés, façades claires, volets persiennés et lucarnes, le long d'un trottoir.
Les maisons basses des 82 et 84 rue Chaptal, aux abords de la villa Chaptal : le PLU les classe parmi les ensembles bâtis à valoriser.[1]Photo Thomon, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

Une surélévation suit les seuils d'une extension : déclaration préalable jusqu'à 40 m² créés, permis de construire au-delà, et permis au-delà de 20 m² si la surface de plancher totale dépasse ensuite 150 m².[2][3] En zone UA, la hauteur ne peut dépasser la hauteur plafond du plan 5.2 (5 m, 16,50 m, 19,50 m ou 22,50 m selon la parcelle), mesurée depuis le terrain naturel ; au-delà de 15 m d'épaisseur ou hors de la bande de 20 m, elle tombe à 7,50 m sur un terrain de 2 000 m² au plus.[4][5] Dans un immeuble, l'accord de l'assemblée générale vient avant le dépôt.[6][7]

22,50 mHauteur plafond la plus haute du plan 5.2 en zone UA (R+6)
15 mÉpaisseur au-delà de laquelle la hauteur tombe à 7,50 m (terrain de 2 000 m² au plus)
Terrain naturelPoint de départ de la mesure de la hauteur
2025Loi de simplification : surélévations facilitées

Déclaration préalable ou permis

Service-public traite agrandissement et surélévation dans la même fiche : les seuils sont identiques.[2] Pour un étage supplémentaire, seules comptent les surfaces de plus de 1,80 m sous plafond, et une modification de l'aspect extérieur rend toujours une autorisation nécessaire.[3]

Surface créée par la surélévation
  1. 0 m²Pas d'autorisation pour la surfacemais déclaration préalable si l'aspect extérieur change
  2. 5 m²Déclaration préalable
  3. 20 m²Déclaration préalablepermis si le total dépasse 150 m² de surface de plancher
  4. 40 m²Permis de construire

Le seuil se lit sur la surface de plancher ou l'emprise au sol créée. Une construction nouvelle détachée suit d'autres seuils (20 m²).[2][3]

Un étage ajouté à un immeuble dépasse souvent 40 m² : c'est alors un permis de construire. Si la surface totale après travaux dépasse 150 m², l'architecte est obligatoire.[3][8]

La hauteur plafond et les gabarits sur rue

En zone UA, la hauteur maximale de chaque parcelle est donnée par le document graphique 5.2 « hauteurs et gabarits ». Elle se mesure « à partir du terrain naturel jusqu'à l'acrotère ou au faîtage », le terrain naturel étant le terrain avant travaux (lexique, p. 288-289).[4][5]

Les hauteurs plafonds de la zone UA
Hauteur plafondNiveauxArticle et page
5 mRez-de-chausséeUA 10.2 (p. 61)
16,50 m5 niveaux, R+4UA 10.2 (p. 61)
19,50 m6 niveaux, R+5UA 10.2 (p. 61)
22,50 m7 niveaux, R+6UA 10.2 (p. 61)
26 m7 niveaux, pour des bureaux en secteur UAaUA 10.2.2 (p. 61)

Le long des rues, le plan 5.2 trace aussi cinq gabarits enveloppes : une verticale de 12,50 m à 18,50 m selon le gabarit, puis une oblique à 63°, prolongée pour certains par une oblique à 45°, sous la hauteur plafond (p. 54 à 58).[4] Le dernier niveau d'une surélévation se dessine donc souvent en retrait, ou dans un comble.

Deux règles qui réduisent la hauteur
  • En profondeur. Sur un terrain de 2 000 m² au plus, la hauteur plafond ne vaut que sur 15 m d'épaisseur de construction dans la bande de 20 m ; au-delà, et hors de la bande, 7,50 m soit R+1 (p. 61-62).
  • Sur les voisins. La mairie peut imposer une hauteur différente : la hauteur peut être « modulée (réduite ou augmentée sans dépasser la hauteur plafond) au niveau de la hauteur du mur pignon existant voisin » (p. 74). La hauteur plafond n'est pas un droit acquis.
[4]

Sur une parcelle donnée, nous lisons la hauteur plafond et le gabarit dans la couche officielle du Géoportail de l'urbanisme, puis sur le plan 5.2. Le pré-diagnostic affiche cette hauteur quand la couche la contient.[9][5]

Toiture, toit-terrasse, pignon

  • Accès au toit-terrasse. Dans un immeuble de 3 logements ou plus, les volumes d'accès peuvent dépasser la hauteur plafond s'ils occupent 15 % au plus de la terrasse, font 3 m de haut au plus, se tiennent à 1,50 m des façades et à 3 m des limites, 6 m s'ils ont des baies, et si leur toit est végétalisé (p. 69-70).
  • Garde-corps, ascenseur. Un garde-corps peut dépasser de 1,50 m ; un ascenseur ajouté à un immeuble existant, de 2,50 m (p. 69).
  • Masquer un pignon. Dans la bande de 20 m, on peut dépasser de 3 m et d'un niveau pour masquer un mur pignon voisin, dans la limite de 22,50 m et sur 15 m de façade au plus (p. 70-71).
  • Redresser une toiture. Le redressement d'une toiture à faible pente est réservé à l'habitation : oblique de 63° au plus, 3,50 m au plus entre le plancher du comble et le faîtage (p. 45, 60).
  • Comble à la Mansart. Le transformer en toit-terrasse impose de garder le terrasson sur 1,50 m au moins (p. 78).

Règlement écrit, zone UA, pages du PDF.[4]

Distances aux limites et aux autres bâtiments

Pour une surélévation, le règlement distingue deux cas (p. 45) : un bâtiment de 7,50 m ou moins suit les règles du percement de baie, soit 6 m de la limite séparative, 3 m pour une baie secondaire ; un bâtiment plus haut suit les distances générales de l'article UA 7, sans profondeur minimale en limite.[4]

Règles des zones habitées de Levallois-Perret
ZoneHauteurLimites séparatives
UA
Tissu urbain ancien
Hauteur plafond du plan 5.2 : 5 m (R), 16,50 m (R+4), 19,50 m (R+5) ou 22,50 m (R+6), mesurée depuis le terrain naturel ; sur un terrain de 2 000 m² au plus, plafond sur 15 m d'épaisseur dans la bande de 20 m, puis 7,50 m (R+1) (p. 61-62, 288)Bande de 20 m : en limite latérale sur 6 m de profondeur au moins ; au-delà, jusqu'à 7,50 m de haut, 6 m face à une baie principale, 3 m sinon ; plus haut, L ≥ H − 8 m et 8 m au moins avec baies principales (p. 36-38)
UB
Front de Seine
Cotes NGF du plan UB 5.3.C : cote d'acrotère imposée sur rue et vélum à ne pas dépasser (p. 118)Implantation fixée par le plan UB 5.3.B (p. 116)
UPE
Île de la Jatte
Cotes NGF du plan 5.12 ; édicules de 5 m et un niveau au plus (p. 273-274)Limite avec Neuilly : sur la limite, ou 8 m face à des baies de pièces principales, 6 m sinon (p. 272)
UPA
Villa Chaptal
Emprise A : façade 10,50 m, faîtage 13,50 m ; emprise B : 8 m, soit R+1 (p. 228-229)A : sur les limites latérales ; B : en limite ou à 3 m au moins (p. 228)
UPB
Villa Trézel
7,50 m ; façades côté jardin 6,50 m ; combles à une pente, combles à la Mansart interdits (p. 239)Dans l'emprise du plan 5.9
UPC
Impasse Gravel
Emprise A 17 m (R+4), B 15 m (R+3), C 11 m (R+2), D 8 m (R+1) ; combles à la Mansart interdits (p. 249)Ordre continu côté voie (p. 248)
UPD
Villa Muller
Emprises A et B1 11,50 m (R+2), B2 8,50 m, C 8 m, D 4 m, E 3 m ; toits-terrasses interdits en A, B1, B2 et C (p. 260-261)Ordre continu en A, B1 et B2 (p. 259)

Règlement écrit du PLU, modification n° 2 du 23 septembre 2025, lu le 26 octobre 2026 ; pages du PDF entre parenthèses.[4] La hauteur plafond et le gabarit de chaque parcelle de la zone UA se lisent sur le plan 5.2 ; les cotes et emprises des zones UB, UPA à UPE sur leurs plans de masse. L'architecte les relève pour votre adresse lors de l'étude.[5]

Bâtiments protégés et abords

Le PLU protège 57 bâtiments ou ensembles, en plus des 3 monuments historiques.[10] Leur statut décide de la surélévation :

Ce que dit le règlement — article UA 11.4, p. 80 du PDF

Bâtiments remarquables à préserver : « La volumétrie existante du bâtiment devra être conservée dans ses caractéristiques générales. »

Bâtiments ou ensembles bâtis à valoriser : « Les interventions, surélévations ou extension horizontale […] pourront être autorisées à condition de respecter l'esprit du bâtiment d'origine », avec une attention particulière « à la proportion des niveaux de construction et à leur réinterprétation en cas de surélévation ».

[4]

Les maisons basses des abords de la villa Chaptal (66, 70, 72 et 78 à 88 rue Chaptal ; 13, 17 et 22 rue Kléber) sont ainsi classées à valoriser ; leur fiche du cahier de protection précise que ces ensembles de maisons sont « intégrés dans un périmètre sur lequel s'appliquent des hauteurs modérées » ; leur mesure de protection demande de conserver l'esprit des bâtiments d'origine, « volumétrie » comprise.[1] Partout, « les surélévations et redressements de toitures des bâtiments existants devront être traités en harmonie avec l'architecture originelle et les matériaux du bâtiment » (p. 75).[4]

Dans les abords d'un monument historique, le projet demande en plus l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France.[11] Dans une marge verte, la surélévation est interdite (p. 15).[4]

Ce que change la loi du 26 novembre 2025

La loi de simplification du droit de l'urbanisme et du logement, dite loi Huwart, contient deux mesures en faveur des surélévations :[12][13]

  • Pas de refus pour un défaut de l'existant. Le nouvel article L. 111-35 du code de l'urbanisme interdit de refuser une surélévation sur le seul fondement de la non-conformité de la construction initiale aux règles d'implantation, d'emprise au sol et d'aspect extérieur.[12][14]
  • Dérogations élargies. L'article L. 152-6 permet de déroger aux règles du PLU pour surélever une construction achevée depuis plus de deux ans, lorsque la surélévation crée des logements ou agrandit un logement.[12][15]
Ce que dit le texte — code de l'urbanisme, article L. 111-35

« Lorsqu'une construction régulièrement édifiée fait l'objet d'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant des travaux de surélévation ou de transformation limitée d'un immeuble existant, l'autorisation d'urbanisme ne peut être refusée sur le seul fondement de la non-conformité de la construction initiale aux règles applicables en matière d'implantation, d'emprise au sol et d'aspect extérieur des constructions. »

[14]

La dérogation est une faculté laissée à l'autorité qui délivre le permis, pas un droit : elle se demande et se motive dans le dossier.[12] Le règlement de Levallois admet déjà, sur un immeuble qui ne respecte pas une règle, les travaux qui améliorent sa conformité ou sont sans effet sur elle (p. 8-9).[4]

Copropriété, structure, énergie

Copropriété. Une surélévation touche les parties communes : l'accord de l'assemblée générale est nécessaire avant de déposer la demande.[6][7] Le guide travaux en copropriété détaille les majorités.

Sol et structure. Le rapport de présentation du PLU décrit un sol « en majorité constitué d'alluvions », avec des limons dont l'épaisseur « peut dépasser 5 mètres au voisinage immédiat de la Seine ».[16] Avant de dessiner, un bureau d'études structure doit dire si les murs et les fondations portent le niveau ajouté ; près de la Seine, une étude de sol est utile. Nous vous indiquons ce qu'il faut leur demander.

Logement social. Sur toute la commune, un projet de logements de plus de 800 m² ou de plus de 12 logements doit comporter 30 % de logements locatifs sociaux, selon la délibération du 23 septembre 2025.[17]

Énergie. Pour la RE2020, une surélévation est une extension : les exigences portent sur la partie nouvelle. Pour un immeuble, un arrêté du 18 mars 2026, en vigueur le 1er juillet 2026, adapte le régime des surélévations ; nous le vérifions avec le thermicien.[18][19]

Taxes. La surface créée entre dans la taxe d'aménagement. La taxe d'archéologie préventive n'est pas due quand les travaux n'affectent pas le sous-sol.[20][21]

Cas type : un niveau de plus sur un immeuble de rapport

Cas type, pas une réalisation : un niveau de 120 m² sur un immeuble R+3 de la zone UA, rue où le plan 5.2 fixe 19,50 m
Hauteur existante, depuis le terrain naturel
13 m
Hauteur après un niveau de 3 m
16 m, sous 19,50 m
Épaisseur de l'immeuble depuis la rue
14 m, sous 15 m
Autorisation : plus de 40 m² créés
Permis de construire
Architecte : surface totale au-delà de 150 m²
Obligatoire
Prix du dossier : 1 800 € + 100 m² × 35 €
5 300 €

Hypothèses chiffrées pour illustrer les règles (p. 61 et 74 du règlement). À vérifier à l'adresse : gabarit sur rue, hauteur des pignons voisins, distances aux limites, statut patrimonial, abords d'un monument et capacité de la structure. Prix de la grille Trilateral, hors études d'autres spécialistes.

Questions fréquentes

Quelle hauteur maximale pour mon immeuble à Levallois-Perret ?

En zone UA, celle du plan 5.2 pour votre parcelle : 5 m, 16,50 m, 19,50 m ou 22,50 m, mesurés depuis le terrain naturel, dans le gabarit sur rue et sur 15 m d'épaisseur pour un terrain de 2 000 m² au plus. La mairie peut la moduler sur les pignons voisins.[4][5] En zone UB, ce sont les cotes NGF du plan UB 5.3.C qui fixent la hauteur.[4]

Un bâtiment remarquable du PLU peut-il être surélevé ?

Le règlement impose de conserver « la volumétrie existante du bâtiment » dans ses caractéristiques générales : une surélévation y est en pratique exclue. Un bâtiment à valoriser peut être surélevé dans l'esprit du bâtiment d'origine (p. 80).[4]

Et sur le Front de Seine ?

En zone UB, les volumes d'accès au toit-terrasse sont limités à 80 m² de surface de plancher par cage d'escalier, 3 m au-dessus du vélum et la moitié de la terrasse (p. 119). La surface de plancher de chaque îlot est plafonnée au plan UB 5.3.D : toute surface créée se vérifie îlot par îlot.[4]

La mairie peut-elle refuser parce que l'immeuble est trop proche de la limite ?

Plus sur ce seul motif depuis la loi du 26 novembre 2025 : la non-conformité de la construction initiale aux règles d'implantation, d'emprise au sol et d'aspect extérieur ne suffit plus à fonder un refus. La surélévation doit respecter les autres règles.[12]

Voir aussi

Sources consultées (21)

Votre projet commence par une adresse

Le pré-diagnostic lit les bases publiques pour votre parcelle ; l'architecte vous répond ensuite par email.

Gratuit et sans engagement.