TrilateralArchitecte à Levallois-Perret
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Transformer un local en logement, ou un logement en cabinet, à Levallois-Perret

Rez-de-chaussée commercial, atelier de cour, garage ou bureau devenu logement ; appartement transformé en cabinet. Deux régimes se superposent : la destination au titre de l'urbanisme, l'usage au titre du code de la construction.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Perspective de la rue Carnot : immeubles clairs de cinq à six étages, boutiques et terrasses en rez-de-chaussée, chaussée pavée.
La rue Carnot : boutiques en rez-de-chaussée et immeubles de rapport.Photo Chabe01, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

Passer d'une destination à une autre demande une déclaration préalable si la façade et la structure porteuse ne changent pas, un permis de construire sinon.[1] Le PLU de Levallois doit admettre la nouvelle destination. En zone UA, il n'admet la création de bureau, de commerce ou d'artisanat qu'en sous-sol, au rez-de-chaussée ou au premier étage, sauf en secteur UAa, et il range les professions libérales dans le bureau.[2] Transformer un logement en autre chose demande aussi, le plus souvent, une autorisation de changement d'usage.[3]

DP ou PCSelon que la façade ou la structure change
1er étageAu-dessus, pas de bureau ni de cabinet en zone UA hors UAa
150 m²Jusqu'à cette surface créée, aucune place de stationnement exigée vers l'habitation (2 logements au plus)
50 %Abattement de taxe pour un local transformé en logement

Déclaration préalable ou permis

Le régime selon les travaux qui accompagnent le changement
SituationAutorisation
Changement de destination sans modifier la façade ni la structure porteuseDéclaration préalable
Changement de destination avec modification de la façade ou de la structure porteuse (vitrine remplacée par des fenêtres, porte créée ou supprimée)Permis de construire
Changement de sous-destination dans la même destination, sans travaux sur la façade ni la structureAucune formalité d'urbanisme
Garage transformé en pièce de vieDéclaration préalable au-delà de 5 m² de surface de plancher créée, et dès que l'aspect extérieur change ; au-delà de 40 m² (ou de 20 m² si la construction dépasse ensuite 150 m²), l'article R*421-14 vise le permis, alors que la fiche officielle sur le garage n'indique pas de seuil : nous faisons confirmer le régime par la mairie

Sources : article R*421-14 du code de l'urbanisme et fiches officielles sur le changement de destination, la transformation d'un local en logement et le garage.[4][1][5][6] Quand le permis est exigé, l'architecte est obligatoire au-delà de 150 m² de surface de plancher, et toujours pour une société.[7]

Les destinations du PLU de Levallois

Le régime de l'autorisation suit les 5 destinations et les sous-destinations du code de l'urbanisme.[1] Le PLU de Levallois, lui, « continue ainsi d'appliquer les dispositions règlementaires en vigueur au 31 décembre 2015 » (règlement, p. 6) : ses règles sont écrites avec les anciennes destinations, que son lexique définit, comme l'habitation, le bureau, le commerce, l'artisanat, l'industrie, l'entrepôt, l'hébergement hôtelier et les constructions nécessaires aux services publics (p. 285 à 288).[2] Un projet se décrit donc dans les deux langues : celle du formulaire, celle du règlement.

Ce que dit le lexique du PLU — définition du bureau, p. 286 du PDF

« Les professions libérales telles que cabinets médicaux, juridiques, … en font également partie. »

[2]

Le piège du cabinet en étage

Ce que dit le règlement — article UA 2.1.1.2.1, p. 14 du PDF

Sont admises « la création, par construction et/ou changement de destination, de surface de plancher (SDP*) destinée au bureau, au commerce, à l'industrie ou à l'artisanat, à condition d'être située en sous-sol, et/ou rez-de-chaussée et/ou premier étage ».

[2]

En zone UA, transformer un appartement du deuxième étage ou plus haut en cabinet de médecin, d'avocat ou de kinésithérapeute revient à créer du bureau là où le règlement ne l'admet pas. Le secteur UAa, le long des axes bruyants et près des transports, échappe à cette limite (p. 15).[2]

À vérifier pour votre projet

Le cas d'une activité exercée dans une partie de sa résidence principale ne se tranche pas sur le seul texte du PLU : il dépend aussi du changement d'usage. Nous le vérifions avec la Direction de l'urbanisme avant tout dossier.[3][8]

Une boutique, un atelier ou un garage en logement

  • Stationnement. En zone UA, aucune place n'est exigée pour un changement de destination vers l'habitation si la surface créée est de 150 m² au plus et ne crée pas plus de deux logements (p. 85). Mais une place existante qui répond aux normes ne peut pas être supprimée (p. 88), sauf les places en front de rue au rez-de-chaussée d'un immeuble collectif d'habitation.[2]
  • Façade. « En cas de transformation du rez-de-chaussée d'une façade en faveur de l'habitat, les ouvertures devront respecter le rythme général de la façade » (p. 77).[2]
  • Commerces sur rue. Nous n'avons pas trouvé, dans le règlement de la zone UA, d'interdiction de transformer un commerce de rez-de-chaussée en logement ; les voies qui font l'objet de dispositions en faveur du commerce jouent sur l'emprise et les espaces libres (articles UA 9 et 13).[2][9]
  • Plus de cinq logements. Un changement de destination qui crée plus de cinq logements doit comporter au moins 65 % de logements de trois pièces et plus (p. 14).[2]
  • Immeuble protégé. Aucune place n'est exigée pour un changement de destination d'un immeuble protégé ; les places existantes ne peuvent pas être supprimées (p. 87).[2]
  • Logement décent. Pour louer, la pièce principale doit faire au moins 9 m² avec 2,20 m sous plafond, ou offrir un volume habitable d'au moins 20 m³.[10]
En zone inondable

Dans le PPRI de la Seine, en zone B, un changement de destination ne peut pas créer d'habitation sous la cote de casier, sauf duplex et amélioration du confort d'un logement existant ; en zone A, il ne peut pas créer d'habitation du tout (règlement du PPRI, p. 48 et 51 du PDF).[11] Un rez-de-chaussée du Front de Seine se vérifie donc à la cote près.

Ce que les autres zones interdisent

  • Île de la Jatte (UPE) : bureaux, commerce et artisanat interdits, sauf, dans l'emprise A, la restauration, les activités culturelles et de loisirs, et les bureaux situés en étage (p. 266-267).
  • Villa Chaptal (UPA) : bureau, commerce, artisanat, industrie et hébergement hôtelier interdits (p. 223).
  • Îlot Collange (UC) : « Les bureaux y sont interdits » (p. 134).
  • Commerces, ateliers et bureaux existants en zone UA : ils peuvent être réhabilités, étendus, surélevés ou changer de destination si la surface de plancher n'augmente pas de plus de 15 % (p. 14).

Règlement écrit du PLU, pages du PDF.[2]

Le changement d'usage à Levallois-Perret

L'usage relève du code de la construction et de l'habitation, pas du code de l'urbanisme.[1] La ville l'écrit : « le changement d'usage de locaux destinés à l'habitation est soumis, dans la plupart des cas, à autorisation préalable », et « la location saisonnière d'une résidence non principale constitue également un changement d'usage ».[3]

Le règlement de Paris Ouest La Défense publié par la ville contient un article propre à Levallois. Il dispense de compensation la demande qui porte sur une partie de la résidence principale, l'exige hors résidence principale, et précise que « les locaux situés en rez-de-chaussée ne peuvent en aucun cas servir de compensation ».[8] Nous vérifions la version en vigueur pour chaque dossier.

Cas type : une boutique de 45 m² devient un logement

Cas type, pas une réalisation : boutique de 45 m² en rez-de-chaussée, zone UA, vitrine remplacée par des fenêtres
Façade modifiée
Permis de construire
Places de stationnement exigées : moins de 150 m², 1 logement
Aucune
Ouvertures
Au rythme de la façade
Prix du dossier : 1 800 € + 25 m² × 35 €
2 675 €

Hypothèses chiffrées pour illustrer les règles (p. 77 et 85 du règlement). À vérifier à l'adresse : zone du PPRI et cote de casier, règlement de copropriété, fiche patrimoniale. Prix de la grille Trilateral.

La taxe d'aménagement d'une transformation

Depuis les autorisations délivrées à partir du 15 février 2025, la transformation de locaux non destinés à l'habitation en logements est taxable : « la surface transformée par ces opérations est incluse dans la surface taxable ». Elle bénéficie d'un abattement de 50 %, qui ne se cumule pas avec celui des 100 premiers m² de l'habitation principale.[12]

Questions fréquentes

Puis-je installer mon cabinet de kinésithérapie au troisième étage à Levallois ?

En zone UA, hors secteur UAa, le règlement n'admet la création de bureau qu'en sous-sol, au rez-de-chaussée ou au premier étage, et le bureau comprend les professions libérales (p. 14 et 286).[2] S'y ajoute le changement d'usage du logement.[3] Le cas d'une activité dans sa résidence principale se vérifie avec le service.

Transformer un local commercial en logement demande-t-il un permis ?

Seulement si les travaux modifient la façade ou la structure porteuse, par exemple en remplaçant une vitrine par des fenêtres. Sinon, une déclaration préalable suffit.[5]

Puis-je transformer mon garage en chambre ?

Le garage étant déduit de la surface de plancher, l'aménager en pièce de vie en crée : déclaration préalable au-delà de 5 m². Au-delà de 40 m², l'article R*421-14 vise le permis, mais la fiche officielle sur le garage n'en parle pas : nous faisons confirmer le régime par la mairie. Et en zone UA, une place de stationnement qui répond aux normes du PLU ne peut pas être supprimée (p. 88 du règlement).[6][4][2]

Voir aussi

Sources consultées (12)

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